« Block 66  » de Patrice Gablin

29 Nov

Ce film fait partie de la compétition française de courts-métrages du Paris International Fantastic Film Festival (PIFFF)

« Block 66 » a aussi fait parti de la sélection du festival G.E.N.R.E. III

Synopsis : Comment échapper à la machine de mort nazi, implacable, impitoyable… Hani doit survivre. Elle doit sauver le bébé qu’elle porte. Son destin est lié à celui de ces enfants, premières victimes innocentes des camps. On les regroupait dans un même baraquement, le Block 66….

Réalisé par Patrice Gablin avec Elsa Lunghini, Jules Grenet, Barbara Buchmann et Guy Amram.

Sixième film projeté au PIFFF (notez la curieuse coïncidence numéraire), le nouveau court de Patrice Gablin est une franche réussite. Son précédent court, « Mon Père » dont je parlerai en détail cette semaine, était déjà sacrément impressionnant, mais le réalisateur réussi le tour de force de faire plus ambitieux avec moins de moyens. Sur un budget initial de 4 000€ alors que le film semble en avoir coûté le triple, le réalisateur nous transporte dans un monde très graphique, teinté de fantastique, tout en gardant l’approche réaliste dans l’écriture qui fit déjà la force de son précédent court. Si le chef opérateur (Emmanuel Cambier) fait du très bon boulot, on retrouve les teintes et les cadres chers à Patrice Gablin avec un formidable travail sur les ombres et les lumières. D’ailleurs le réalisateur s’est aussi chargé du montage, des trucages et de l’étalonnage. Sa mise en scène, au même titre que l’écriture et le jeu des comédiens n’est jamais trop appuyée. Un petit bémol, histoire de, pour le jeune comédien dans le rôle de l’enfant et les premières scènes de Barbara Buchmann, qui a tout de même pas mal de présence à l’écran. Des défauts mineurs surtout que les choix d’Elsa Lunghini dans le rôle de la future mère (déjà très juste dans « Le Portail » de Liam Engle)  et de Guy Amram en méchant nazi sont irréprochables.

J’ai ressenti « Block 66  » comme un formidable court entre le conte et l’uchronie fantastique, habilement écrit et doté d’une mise en scène très élégante. Allez savoir pourquoi, je verrai tout à fait Patrice réaliser l’adaptation d’une bande-dessinée comme Block 109 (je suis sérieux). Un des réalisateurs les plus talentueux et prometteurs dans le court-métrage ; vivement le long !

Le film a été tourné à Pau en cinq jours, tout comme son précédent court. La projection du PIFFF fut la grande première en festival pour « Block 66 « .

J’ai eu quelques échanges avec Patrice Gablin et voici l’anecdote marquante à l’origine du projet :

« ‘J’ai visité un ancien camp de concentration lors d’un voyage scolaire à Berlin-Est juste après la chute du mur. Il faisait froid, gris, tout était resté tel quel. Il y avait une borne rouge au milieu du camp, on a appris que c’est là qu’on fracassait la tête des nouveaux-nés. Alors bien-sûr ça m’a marqué. Depuis j’essaie de comprendre ce qui peut pousser à une telle barbarie. Je n’avais pas l’ambition de répondre à la question avec ce court, mais je voulais mettre ma petite pierre à l’édifice du « pour ne pas oublier ». »

Au sujet des intentions :

« Par rapport à « Mon Père », mon précédent court, je voulais cette fois jouer d’avantage sur l’émotion. Mais le gros challenge était de traiter d’un sujet casse-gueule et délicat en utilisant le fantastique, tout ça en format court. Et bien-sûr en gardant mon univers esthétique qui joue sur l’opposition clair-obscur, une ambiance quelque peu onirique et poétique… bien influencé par Del Toro je l’avoue. Je sais que certains sont gênés par la forme. Mais étrangement les personnes de confession juive sont les premières à apprécier mon court. Les histoires de fantômes sont bien ancrées dans leur culture, et dénoncer la barbarie nazi par ce biais est pour eux une très bonne idée. » 

Est-il satisfait du résultat ? :
« Satisfait car vu le budget, j’ai quand même fait un film qui se passe dans un camp de concentration. Aucune prod n’y croyait, personne n’a voulu me faire confiance. Et d’après les premiers retours c’est plutôt crédible. Mais pour arriver au bout, il a fallu faire des concessions sur beaucoup de choses, utiliser pas mal d’artifices « cache-misère ». Et encore une fois je me suis senti à l’étroit dans le format court. J’ai traité le personnage du nazi comme un croquemitaine, donc un peu irréel. Pourtant ce genre de personnage à existé, ce n’est pas aussi simple. Mais c’est un court, il a fallu simplifier ».
Bande démo de Patrice Gablin :
Quelques images du film et du tournage :

Elsa Lunghini et Barbara Buchmann

Elsa Lunghini et Patrice Gablin sur le plateau

© Barbara Buchmann

© Mathieu Thomassin

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5 Réponses to “« Block 66  » de Patrice Gablin”

  1. darknote 1 septembre 2013 à 16 h 13 min #

    Bonjour,
    comment on fait pour voir ce court métrage?
    Merci

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