« Innocence » de Jean-Christophe Savelli

27 Juil

Ce film fait parti de la sélection du festival G.E.N.R.E. III

Synopsis : Un groupe armé se réveille dans une pièce inconnue. Ne sachant pas pourquoi ils sont là, leur seule motivation sera de sortir de ce dédale de pièces et de couloirs.
Le chemin les menant vers la sortie providentielle ne sera pas sans embuche. Une force indéterminée n’aura de cesse de les détourner de leur objectif, dont l’issue sera au delà de ce qu’ils pouvaient imaginer.

Réalisé par Jean-Christophe Savelli avec Rurik Sallé, Pascal Loison, Emmanuel Bonami, Raphael Bertin, Anthony Pho, David Doukhan, Fabien Floris, Sophie Muller, Ludovic Harlay, Christian Mori.

Un des gros morceaux de la soirée, c’était le très attendu « Innocence » de Jean-Christophe Savelli que je souhaitais découvrir depuis un moment.

Excitation, déception, surprise, satisfaction,… On jongle pas mal pendant ce film atypique en forme de lettre d’amour au genre par son réalisateur.

Tout démarre comme un énième film d’action avec des zombies, très stéréotypé avec ses comédiens français aux prénoms bien du terroir comme Dan, Steve, John ou Mike. Nous sommes clairement dans de la grosse série B assumée et généreuse (on pense immédiatement au bancal « La Horde »). Mais plus le film avance et plus nous sommes embarrassés… Heureusement un twist survient aux deux tiers pour justifier en grande partie ce que nous venons de voir. Le propos du film s’avère au final bien plus intéressant que des soldats dézinguant du mort-vivant. Si l’ensemble est très sympathique, peut-être l’idée forte arrive-t-elle un peu sur le tard et aurait méritée d’être plus développé ?

Dans tous les cas je n’ai pas boudé mon plaisir, j’ai apprécié le côté film dans le film et la réalisation globale est réussie. C’est une fois de plus le duo David Scherer/Leo Leroyer qui signe les effets gores et pyrotechniques pour assurer le spectacle, tandis que l’incontournable Emmanuel Lanzi se charge des cascades. On retrouve à l’écran de bonnes gueules comme Emmanuel Bonami, désormais incontournable dans le genre (voir « Mon Père »), le massif David Doukhan et Rurik « Mad Movies » Sallé qui continue sa reconversion en comédien dans les films de genre en multipliant ses participations dans les courts-métrages.

Ambitieux, « Innocence » a bouclé une grande partie de son budget grâce à Ulule (7 000€ récoltés sur les 5 000€ demandés). Et pour l’anecdote le réalisateur a tourné une démo de son film pour 400€ pour annoncer la couleur de son projet.

Pour la suite, le réalisateur Jean-Christophe Savelli vous parlera bien mieux de lui-même ainsi que de son film :

Peux-tu te présenter et nous parler de ton parcours ?
Je m’appelle Jean-Christophe Savelli et j’ai 39 ans. J’ai fait il y a très longtemps une école de cinéma pour tenter de devenir réalisateur. Mais j’ai rapidement compris que ce serait compliqué d’oser tenter cette aventure si jeune, c’est complexe d’oser exposer ses envies. J’ai donc décidé de m’orienter sur la technique. J’ai donc fait du son pendant 5 ans chez TF1, pour ensuite démissionner et intégrer une société s’appelant « Y and Co », spécialisée dans les systèmes d’intercom pour les gros shows événementiels (coupe du monde 98, Hallyday, Jean-Miche Jarre…etc.)
Je travaille maintenant dans la vidéo institutionnelle pour une société de prestation technique qui s’appelle « Dushow ».
Osant plus exprimer mes envies j’ai décidé de passer à la réal très tard depuis un peu plus de deux ans. J’ai réalisé depuis 3 courts (« Players » en finalisation de post-prod, « Le Réveil » et « Innocence »). Je connais un peu plus la technique qu’il y a 15 ans donc je me suis dit que je serais plus à l’aise maintenant et que surtout j’assumerais plus facilement mes choix, bons ou mauvais.

Qu’est ce qui a motivé la mise en chantier d’Innocence ?
L’idée de base du film est venu en 2010 à la fin du tournage de mon second court, « Le Réveil ». J’ai lancé, à mon comparse Raphaël Bertin, une envie : « faire un film d’action/horreur dans l’esprit Carpenter, trouve moi une idée ».
On a réfléchi à un pitch simple et réalisable dans une économie réduite et qui me permettrait d’apprendre de nouvelle chose sur un plateau : gérer un équipe plus conséquente, gérer les maquillage spéciaux, les combats et les scènes avec beaucoup de figuration. N’ayant jamais filmé d’action (mais monsieur Manu Lanzi est un très bon prof pour ça) ni de make-up gore et encore moins de scène avec plus de 3 acteurs, j’ai vraiment dit à Raphaël de se lâcher et que l’on verrait après sur le tournage.

En dehors de cette aspect défi et apprentissage je voulais aussi avec Raphaël (qui a donc écrit le scénario) construire une petite histoire qui tiendrait sur une ambiance très typée (série B d’action/horrifique) dans un premier temps, pour basculer ensuite dans un registre très différent, plus realiste. Voilà en gros l’origine de ce petit court.

Comment as-tu financé le film, pour quel budget ?
Pour le financement nous avons eu 3 sources : Nous, en fond propre, une société privée qui nous a financé a hauteur de 5000 euros et le crowfunding via Ulule qui nous a ramené environ 7000 euros (merci à tout nos donateurs !). Le budget total était donc d’environ 13 000 euros. 7 000 n’ont servi qu’a nourrir et loger l’équipe (nous étions environs 35 et nous tournions vers Rambouillet, donc hôtel et camping pour tout le monde).

Le reste a servi au tournage effectif (effet spéciaux, loc d’arme, machinerie, costumes…Etc.) Pour la post-prod, je me suis débrouillé tout seul, avec mes moyens.

Comment s’est déroulé le casting ?
Pour le casting, comme nous ne connaissions pas grand monde et que personne ne nous connaissait non plus, on a fonctionné de manière très simple : Facebook.
J’ai regardé des courts ou des bandes démo de comédiens, et je les ai contacté en leur proposant un rôle sur la base du scénario et du teaser que nous avions tourné. J’ai cherché des « gueules » et des physiques : le film étant pour une grande partie un film de groupe je voulais absolument que l’on différencie bien tout le monde rapidement et que leur « look » crédibilise au maximum l’ambiance. Facebook a donc été pour moi un super outil.
Pour la suite on s’est rencontrés et, à la première répétition qui a servi d’essai, j’avais ce qui me convenait.

Sur combien de jours s’est étalé le tournage, où ça ?
Le tournage c’est déroulé en deux temps :
-sept jours dans les environs de Rambouillet pour la partie « guerrière »
-deux jours pour la seconde partie du film : Un jour dans une faculté et un jour dans une maison en banlieue parisienne.

La post-prod a été longue ?
Nous avons bouclé le dernier plan en décembre 2011, et le film était prêt fin avril. J’aurais aimé prendre plus de temps et trouver de l’aide pour certaines choses, mais je suis parti du principe que le film devait être prêt rapidement pour pouvoir passer à un autre projet. Donc la production totale de « Innocence » s’est étirée de Août 2011 à Avril 2012.

Quel avenir pour le film ?
Pour ce qui est de la suite, j’espère que le film va tourner un peu en festival ; pour le moment il y a eu GENRE et en ce moment il est au PIFAN en Corée. J’attends des réponses pour d’autres festivals, mais pour le moment rien n’est confirmé. La gestion des inscriptions est aussi très chronophage et malheureusement je n’ai pas toujours le temps de faire les choses correctement. Par contre il ne sera pas visible sur internet. Ce n’est pas sa vocation. En revanche il sera disponible en DVD (avec pas mal de petits bonus sympas). C’est la jeune société Ecstasy of Films qui va se charger de ça. Christophe Cosyns qui en est le gérant est un vrai passionné et je suis sûr qu’il va faire un truc sympa pour « Innocence ».

Page Vimeo du réalisateur

La page Facebook du film

La page Ulule d’Innocence

Un article sur le film sur SCIFI UNIVERSE avec une interview vidéo du réalisateur

Pour les anglophones les coulisses du film ici et

Le Teaser :

La Démo pour le film :

Le Making-of :

Une featurette en time lapse sur les décors :

Une featurette sur la prise en main de l’Alien Revolution a deux mois du tournage :

Teaser du film « Le Réveil » :

Teaser du film « Players » :

Le Film « Bad Choice » fait en 48h :

 

 

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