« On/Off », le genre dans les hautes sphères ?

26 Avr

Le nouveau film de l’équipe de corses de choc derrière « Baby Boom », c’est « On/Off ».

Dévoilé en grande pompe fin novembre, au dernier Paris International Fantastic Film Festival, le film de Thierry Lorenzi commence sa carrière en festival et montre sa trogne après quelques années en post-production ; le tournage étant bouclé depuis fin mai 2011. Un rapide coup d’œil à l’image ci-dessous pour comprendre pourquoi.

© Black Box Production

© Black Box Production

Le film, j’en ai déjà parlé en juillet 2012 où Thierry s’exprimait sur le tournage. Désormais c’est l’heure du jugement (roulement de tambours), mais avant toute chose, je tiens à saluer l’entreprise de ce projet ; c’est très risqué, courageux et le résultat global fait honneur aux 150 personnes qui ont rendu ce film possible.

Du coup je l’attendais au tournant et je me dois d’être sincère. J’ai eu du mal à entrer pleinement dans l’histoire, me posant beaucoup de questions sur la situation et la crédibilité de la chose malgré le contexte d’anticipation. Si « Baby-Boom » avait une patte anticipation/post-apocalyptique immédiatement identifiable, le début de « On/Off » présente un univers plutôt réaliste (cf. Gravity) avant d’épouser son matériau science-fictionnel. Transition que j’ai eu un peu plus de mal à accepter. Sans pour autant bouder intégralement mon plaisir puisque le film s’offre quelques séquences superbes, comme le trip spatial de Meredith (Carole Brana), le tout appuyé par des effets visuels impressionnants. De ce point de vu là c’est impeccable.

© Black Box Production

© Black Box Production

Chose intéressante avec le réalisateur, il fait toujours des choix assumés. Et si la direction que prend son court rendra quelques personnes sceptiques (dont votre serviteur), il n’est jamais à court d’arguments pour défendre son film comme en témoigne un échange que nous avons eu à ce sujet.

Ses choix, avant d’être liés à un enjeu économique vu la durée du film et le budget, sont mus par ses désirs de spectateur et ses goûts plus personnels concernant le questionnement sur le numérique et le transhumanisme (déjà en filigrane dans « Baby-Boom »). Certains éléments étant appuyés par sa mise en scène comme les valeurs de cadre et l’esthétique de la dernière séquence.
Comme je le dis (souvent) en comité de lecture, je me fiche d’être touché par un projet ou d’y d’adhérer à cent pour cent personnellement ; ce qui compte c’est le point de vu de son auteur/réalisateur et son parti pris. Tout le monde a sa chance du moment qu’il sait la défendre.

© Black Box Production

© Black Box Production

Et si Thierry Lorenzi est derrière un projet d’envergure, il reste toujours humble. Tout d’abord il est le premier à remercier l’ensemble des collaborateurs qui ont fait de ce film ce qu’il est aujourd’hui. En particulier RodeoFX, grosse boîte d’effets visuels montréalaise qui a accepté de mener à bien les trucages numériques malgré les contraintes de budget. Autant le dire, en France c’était mission impossible et sans leur apport, qui dépasse le stade de simple prestataire technique, le film n’aurait pas eu la chance de voir le jour. Son discours rejoins celui d’un certain Alfonso Cuarón lors de la remise d’un certain prix pour un certain film ; j’en suis certain.

Bien sûr, il faut aussi saluer le travail effectué sur les prises de vues et je me permets de partager un extrait de notre échange (avec le réalisateur) au sujet des choix visuels :

Cela s’est imposé directement lors de l’écriture. Dès le début, je ne voulais pas trop m’éloigner de ce qui existe réellement. Je ne voulais pas d’un « vaisseau spatial ». L’anticipation consiste justement à pousser le réel seulement 30 secondes en avant. Donc avec Bruno Vitti, le chef décorateur, nous nous sommes focalisés sur des éléments déjà existants. Le seul espace de création que je me suis autorisé, c’est le costume de Meredith qui joue sur une notion binaire noir/blanc et le labo de Meredith que je voyais « binaire » lui aussi. une sorte de labo qui se transforme en un espèce de garage tout droit sorti de mes influences de certains animés japonais. L’idée est de conférer une dimensions singulière au film. Surtout qu’il existe finalement peu de films dans l’espace et on a vite fait de s’inspirer de 2001, Sunshine, Alien et maintenant Gravity (les films de Thierry Lorenzi et d’Alfonso Cuarón se sont tournés quasiment au même moment et sont sortis la même année – ndr).

© Fanny Ottavi

© Fanny Ottavy

Or, un film se doit d’être singulier, c’est une question d’honnêteté artistique. Visuellement, je ne voulais pas non plus tricher en filmant constamment le visage de ma comédienne en gros plan et avoir un corps en synthèse avec un casque opaque pour des valeurs plus larges. Je voulais aussi une séquence en apesanteur à l’intérieur. C’est une façon de constamment se mettre en danger. J’aime les défis et je dois dire que l’équipe a été incroyable et ont rivalisé d’astuces stupéfiantes. Bruno et son équipe ont construit le décor où évolue Cid sur un rail rotatif un peu comme sur le tournage d’Inception de Christopher Nolan. Il permettait à l’acteur (Arben Bajraktaraj) d’occuper l’espace de gauche à droite, de bas en haut et de jouer avec les éléments des décors tout en disant son texte. »

© Fanny Ottavi

© Fanny Ottavy

Pour l’heure le film a connu un chouette démarrage doublé d’un buzz positif (Gérardmer, Même Pas Peur, Hallucinations Collectives, Mauvais Genre, en passant par Amsterdam ou même le CERN via Cinéglobe !).
Pour la télévision les choses sont actuellement en négociations et les créateurs de « On/Off » commencent à attirer le regard de certains producteurs US… Je parle « des créateurs » car il ne faut pas oublier que Black Box Production c’est aussi le producteur Julien Renaud, qui y est pour beaucoup.

En attendant le passage au long (en 3D ?), je laisse le mot de la fin à Thierry Lorenzi : « Je déteste quand tout est dit. Trop dit. J’aime faire confiance aux spectateurs et aux images qu’ils découvrent. Me dire qu’ils peuvent chausser leurs crampons et escalader la falaise. »

Billet de présentation de « On/Off »

Billet sur « Baby Boom »

Site officiel du film

Site de Black Box Production

Site de RodeoFX

Interview de Thierry Lorenzi sur WebMétrage

 

La Bande-Bnnonce :

© Black Box Production

© Black Box Production

ON/Off



 

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2 Réponses to “« On/Off », le genre dans les hautes sphères ?”

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  1. ON/OFF – focus sur Fenetresurcourt.com : ThierryLorenzi.com - 26 avril 2014

    […] tenais à partager avec vous ce sympathique focus du site Fenetresurcourt.com sur ON/OFF.  Bonne lecture […]

  2. Paris Courts Devant – Jour 4 | fenetresurcourt - 1 décembre 2014

    […] puisque certains courts ont été chroniqués ici-même, dont les films de Thierry Lorenzi (« On/Off », « Baby-Boom »). Comme il y a beaucoup de choses à dire sur son parcours et […]

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