Projection et ITW de « Rien ne peut t’arrêter » de David Hourrègue

3 Nov

Voilà déjà plus d’un an que le tournage de la plus grosse production Affreux, Sales & Méchants à ce jour s’est achevé. Je revenais en détail sur le film lors de la campagne de Crowdfunding sur Ulule en juin 2013. Un temps de gestation et de post-prod assez dingue pour un projet risqué sur le papier puisque couteux et difficilement finançable par des guichets traditionnels.

Alors ça y est, après avoir pointé son bout de pellicule le mois dernier pour les festivals de Sitges et du Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg, le film de David Hourrègue (et de toute une équipe) s’est dévoilé jeudi soir au public parisien dans la salle de Commune Image à St Ouen (aussi les locaux de la prod). Un film qui, à l’image de son titre, rappelle que faire un court c’est une aventure un peu folle, parfois une course pour l’impossible, qui nécessite d’être tenace et de croire.

Si la gestion de ce projet est à l’image d’un sacré marathon, le film fini correspond à un 100m Olympique. Une course effrénée qui file en un instant, alors que paradoxalement le temps semble suspendu tandis qu’on suit la course folle de cette femme qui va tenter l’impossible (après un élément extraordinaire accepté pleinement et qui nous rappelle qu’ici, nous sommes au cinéma). Car au delà du récit, en soit aussi simple qu’une phrase d’accroche, RNPA est une expérience sensorielle qui dégage une une aura à l’intensité très particulière.

Je pourrais dire qu’il m’a peut-être manqué deux ou trois scènes, que le film aurait pu être encore plus fou et spectaculaire (sans nul doute ce qui était prévu avec le budget adapté) ; mais je vais me contenter de rester sur cette sensation unique, amplifiée par le travail sur le cadre, le montage et la bande-son (bruitages immersifs et musique soutenue). Un moment de cinéma très bref, qui garde un je-ne-sais-quoi de marquant. Moins par sa thématique centrale que, peut-être, par l’énergie déployée pour que ce film, que tout aurait pu arrêter, aboutisse, lui donnant ce quelque chose d’insaisissable et d’implaccable.

RNPA

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Par ailleurs, vous pouvez découvrir une petite interview du réalisateur David Hourrègue ci-dessous :

Commençons par le b.a.-ba, qui est David Hourrègue ? Producteur, réalisateur, assistant réal, maintenant papa… Comment es-tu tombé dans le cinéma ?

Hormis une brève formation à ma faculté du Mirail de Toulouse, je suis majoritairement auto-didacte. Pas d’école, mais des rencontres précieuses au fur et à mesure des différents tournages auxquels j’ai pu participer à différents postes. J’ai très vite produit ce que je souhaitais réaliser, d’abord dans le milieu associatif, puis je me suis mis à m’occuper des films de mes amis avec le peu d’argent que nous trouvions. Par la suite, après un passage de deux ans dans la finance, j’ai rejoint Affreux, Sales & Méchants fin 2009 en tant que producteur, tandis que j’exerçais en tant que premier assistant réalisateur sur des films, séries et autres projets commerciaux. Mes dernières productions chez AS&M, avec Vladimir Feral et Jean Philippe Tapia sont MECS MEUFS de Liam Engle et I’M A SHARPENER de Mahdi Lepart.
RIEN NE PEUT T’ARRÊTER est mon premier film produit, en tant que réalisateur, en co-production avec FLARE, une deuxième structure de production que j’ai créé avec Elodie Baradat.
Quand à mon nouveau rôle de Papa, il relativise totalement l’importance de ce petit parcours. Le plus sérieux commence maintenant.

Tu trimballes le projet depuis cinq ans… Quelles ont été les différences notables entre le récit de base, la version réécrite avec Loïc (d’ailleurs comment s’est déroulée votre collaboration) et celle projetée jeudi soir ?

Majeures. Le film commençait au départ directement dans le couloir d’hôpital et était nettement plus mystique. L’arrivée de Loïc nous a permis d’ancrer davantage le récit dans une forme de réalité. Nous avions déjà vu et adoré de nombreux films sur les voyages dans le temps. Nous avons donc décidé de nous faire plaisir et d’essayer de mettre en place un roller coaster spectaculaire et émouvant. Le tout sans jamais nous départir du point de vue de son héroïne principale, le plan de début excepté.
Le début d'une course folle pour Lucie

Le début d’une course folle pour Lucie

Comment le film s’est-il monté sur la plan financier et logistique, au niveau des aides (régions et coprods) ? 

Le film a été financé de façon originale. Deux régions nous ont soutenu, Midi Pyrénées et Rhône Alpes, généralement peu clientes des double régions. Nous avons bénéficié de plus de la procirep Angoa. Le reste du budget est venu de nos co-producteurs et d’un crowdfunding sur Ulule dont le montant fut équivalent à une subvention régionale (voir ici).

Combien de personnes ont été impliquées au total ? 

C’est assez incroyable, mais plus de 600 personnes ont participé de près ou de loin au projet. Co-producteurs, techniciens sur trois régions, comédiens, figurants, musiciens et donc donateurs (320 personnes !). Le générique montre le bel engouement dont a bénéficié le film. Nous avons eu beaucoup de chance.

Comment s’est déroulée la prépa du film (qui s’est tourné sur trois régions qui plus est) ?

Très tendue. Notre budget était si serré que la quasi totalité de nos moyens était consacrée au tournage. Je ne saurai jamais assez remercier mes producteurs et nos différents assistants, nos chefs de postes qui ont fait don de tellement de temps pour que je puisse réaliser les différentes images que j’avais en tête. Comme je l’ai dit plus haut, le scénario ne comportait pas de manifestation nocturne à peine 2 mois avant le tournage. Et quand je suis arrivée avec cette idée confrontant CRS et manifestants, je me rappelle encore leur tête… Et pourtant, ils l’ont fait.
De mon côté, j’ai roulé. Beaucoup. 50 000 km je crois. N’ayant pas d’argent, il me fallait être convaincant. Et il m’arrivait souvent de rentrer de repérage pour apprendre que le Pont Neuf de Toulouse n’était finalement pas accessible à nos dates ou que le métro refusait notre tournage. A l’arrivée, nous avons presque tout eu. Le fruit de beaucoup d’allers retours. Et de la confiance des personnes décisionnaires.
Le réalisateur mène la foule

Le réalisateur mène la foule

Une scène particulièrement difficile à réaliser et une autre scène qui s’est tournée avec beaucoup de facilité ?

Vu que le film devait se tourner à 90% en extérieur, j’avais insisté pour tourner en Avril – Mai histoire de bénéficier du temps légendaire de ma région Toulousaine d’origine. Et ce fut la tempête. Dix degrés au compteur, de la pluie du vent dès la première nuit. Une première nuit tournée sur le Pont neuf de Toulouse, qui fut dantesque. Des CRS faisant face à une centaine de manifestants, sous la flotte, un vendredi soir. Une quantité invraisemblable de plans à mettre en boite. Trop peu de régisseurs pour bloquer correctement cet axe essentiel entre les deux rives de la ville Rose. 4 km de bouchons dans toute la ville… Je me rappelle encore nos têtes au petit matin…
Une séquence mise en boite en cinq minutes, au contraire, fut le moment où Lucie se rend compte qu’elle a réussi à passer devant l’ambulance. Nous nous sommes mis en place pour cette scène compliquée à caler et pourtant, en 2 prises, c’était réglé.

Comment s’est déroulée la post-prod ? Pourquoi tant de temps ? Pourquoi en ATMOS ?

Quand on a pas d’argent, on prend nécessairement le temps. Le temps que nos techniciens de post prod aient justement du temps à nous consacrer. L’explication est là. Le mix ATMOS du film s’est imposé dès l’écriture. Nous voulions amplifier la perception du parcours de Lucie. J’espère avoir bientôt la chance de le projeter dans une salle adaptée, le rendu est spectaculaire. Et merci à Anne Carbillet et Alexis Marzin de Creative Sound de l’avoir rendu possible.

Qu’elle est la suite pour RNPA sur le circuit de diffusions/projections et des sélections en festivals ?

Nous avons eu la grande surprise de voir le film sélectionné à Strasbourg et à Sitges sur la base de copies de travail.  Et si Strasbourg était un objectif, Sitges fut et restera un sacré souvenir avec une salle déchaînée pendant le film. Cependant le parcours du film en festival commence à peine et 2015 devrait nous éclairer sur la suite des évènements.
En attendant, une projection Toulousaine à La Cinémathèque est calée le 11 Décembre prochain et nous travaillons à projeter le film dans une salle Lyonnaise pour remercier notre fabuleuse équipe là bas.

Quelle est la suite pour David Hourrègue Réalisateur ?

Le futur biberon dans une heure.Et plusieurs autres films, très différents, actuellement en développement.
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Avec Anne Serra et Nicolas Berno.
Le film est réalisé par David Hourrègue, co-écrit avec Loïc Nicoloff, éclairé par Mahdi Lepart, monté par Jérémy Pitard, écoutable grace à Joseph De Laâge et mis en musique par Mathieu Alvado. 

Produit par Affreux, Sales & Méchants / Flare, en Co-production avec Magali Films / Fulldawa Films / Logifilm / Les Machineurs / 74 Films / Kenclub

En savoir plus sur RNPA dans un autre billet

La page Ulule de Rien ne peut t’arrêter

La page Facebook

Le site d’Affreux Sales et Méchants

Teaser du film :

Un teaser dans les coulisses du film, réalisé par Sébastien Auger :

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