« 300 000 Kilomètres / Secondes » de Stéphane Réthoré

20 Nov

Depuis une dizaine de jours le film de Stéphane Réthoré est visible sur la toile. Un projet de longue haleine puisque la campagne Ulule date de fin 2011. Maintenant que tout le monde peut découvrir le film pour se faire une idée, l’occasion m’est donnée de ressortir ce billet des cartons.

Affiche 300000kms

Pour ceux qui débarquent, 300 000 Km/s est un film de science-fiction un peu rétro d’une vingtaine de minutes.

Si j’émets des réserves sur certains points je salue quand même l’entreprise. C’est toujours difficile de monter ce type de projet autant sur un plan financier que sur un plan logistique. Malgré quelques plans qui trahissent « le côté court », le film de Stéphane est techniquement très précis. Avec un cadrage et une mise en scène soignée et une lumière intéressante. Et pour pimenter le tout le film se déroule dans les années 50 ce qui implique un petit boulot non négligeable de reconstitution sur les décors et accessoires. Maintenant le film souffre, à mon sens (et comme de nombreux courts chroniqués sur FSC), de sa nature même qui est d’ouvrir sur un long ; cela donne un côté teaser de luxe, ce qui n’est pas péjoratif et reste le but avoué de l’entreprise. En tant que court-métrage pur le film ne fonctionne pas totalement, puisque le choix est de nous laisser sur notre faim au bout de vingt minutes et les éléments présentés sont de facture un peu classique.

Je vous invite tout de même à visionner le film (voir plus bas) qui a une identité visuelle assez forte et un style narratif et estéthique qui n’est pas sans rappeler les ouvertures à la Tintin ou Indiana Jones (le must en matière de polar fantastique un peu rétro).

Vous pourrez découvrir un peu plus loin une interview du réalisateur, Stéphane Réthoré. N’hésitez pas non plus à visionner le très chouette making-of qui témoigne du professionnalisme et de la tenacité de l’équipe.

Ecrit par Sylvain Blanchot et Stéphane Réthoré. Avec Lancelot Thomas Cousseau, Dominique Daguier, Jean-Marc Cozic, Jérome Boyer et Jawad Enejjaz.

Paris, 1956. Lucien Lacroix, inventeur, a repris les travaux de son défunt père et a créé une montre permettant de voyager dans le temps.
Décidant de partir pour Genève pour faire breveter son invention, il est suivi par deux mystérieux individus…

Le Film complet sur vimeo :

Le making-of  :

Interview du réalisateur, Stéphane Réthoré :

Tout d’abord, peux-tu revenir sur ton parcours ? (Tu as fait des études d’arts et de ciné à Nantes avant de venir sur Paris il me semble)

Après un Bac L obtenu sur Nantes, je suis d’abord parti à Montpellier pour suivre des courts d’Arts du Spectacle option cinéma à l’université et obtenir un DEUG, avant de revenir sur Nantes pour faire une école d’audiovisuel pendant 2 ans, puis d’arriver sur Paris pour commencer à travailler.

Quelle est ton activité professionnelle actuelle ?

De la réal de film institutionnel surtout, et aussi pas mal de montage pour la Tv.
© Photos Camille Corbetto

© Photos Camille Corbetto

Peux-tu revenir sur la genèse du projet ? Qu’est-ce qui a motivé la mise en chantier d’un film de cet acabit pour un premier court professionnel ?

L’envie était de faire du cinéma de genre en utilisant le patrimoine historique français. C’est donc devenu un film noir dans le Paris des années 50, avec une touche de science-fiction. N’étant pas originaire de Paris, en arrivant ici ce qui m’a frappé c’est combien le Paris nocturne est esthétique, a une ambiance si particulière et finalement si peu utilisée au cinéma. Il y avait donc la possibilité de faire quelque chose de différent pour un court métrage ;c’est ce qui m’a motivé.
Le projet au départ n’était pas si ambitieux sur le papier, c’est vraiment tout le travail sur l’esthétique, les décors, la reconstitution, qui lui a rapidement fait prendre de l’ampleur.

Peux-tu parler de ta collaboration avec ton co-scénariste ?

J’ai au départ contacté Sylvain Blanchot par le biais d’une relation commune qui m’avait fait lire un projet de moyen métrage qu’il avait écrit.
Le texte était très bon, mais ça aurait été un projet trop lourd à gérer pour un premier film, et aussi beaucoup trop cher !
Je lui ai donc proposé une base d’histoire sur laquelle j’avais envie de travailler : celle d’un scientifique venant d’inventer une montre à voyager dans le temps qui attire la convoitise d’une organisation secrète…
L’idée lui a plu et c’est comme ça qu’on a travaillé sur le scénario pendant quelques semaines, uniquement par mails interposés, car il habitait à Londres et moi à Paris.
© Photos Camille Corbetto

© Photos Camille Corbetto

Comment s’est déroulée la partie financement, tu as approché certaines prods, certains guichets ? Ou as-tu directement créé l’association (pArAdox9 Productions) pour lancer le projet sur Ulule ?

Ça a été le passage douloureux ! J’ai commencé par la filière classique : recherche de société de production, dépôt de dossier aux aides régionales, CNC, etc… Commençait alors la longue phase d’attente. Après le refus du CNC et des régions, j’ai encore attendu quelques temps des réponses de producteurs. Puis, voyant que ça commençait à stagner, j’ai décidé de tout faire seul en optant pour l’autofinancement, la création d’une asso, et donc par le crowdfunding (puisqu’au moment du lancement du projet je n’avais même pas 1€ de côté – le film récoltera 7 360€ sur 4 400€ demandés via Ulule NDR –).
Lorsque le projet était déjà prêt à être tourner et les dates de tournage calées, je me suis associé à une co-production (DKFT – Duck Factory) qui a rempli le rôle de production déléguée pour faciliter la partie location de matériel surtout et ainsi me permettre de ne penser qu’à mon job de réal sur le tournage. Co-production qui m’a aussi avancé l’argent manquant au budget, que j’ai pu leur rembourser tranquillement les mois suivant le tournage.

Combien de jours de tournage et combien de personnes ont bossé dessus ?

Le tournage a duré 2 jours et 6 nuits. Un peu plus long que la moyenne, dû au grand nombre de décors.
Au niveau de l’équipe, elle a été assez énorme, puisque si on additionne l’équipe de tournage, les comédiens, l’équipe post-production, etc… on dépasse la centaine de personnes. Que ce soit sur le tournage ou en post-production, on était véritablement en configuration long-métrage.

Le tournage en lui-même s’est bien déroulé malgré les températures polaires ?

Tout s’est très bien passé grâce à une grosse préparation et à une équipe soudée et très efficace.
Le froid intense a été un gros handicap c’est vrai, mais ça n’a pas ralenti le rythme de tournage pour autant.
Tourner en hiver était voulu pour avoir des nuits les plus longues possibles et donc enchainer un maximum de plans par nuit de tournage.
Ce qu’on n’avait pas prévu, c’était que cette semaine de tournage a battu des records de froid sur Paris ; il n’avait pas fait aussi froid depuis 40 ans !
© Photos Camille Corbetto

© Photos Camille Corbetto

Le film correspond-il a tes attentes initiales ?

On peut toujours faire mieux. Personnellement je suis à peu près à 80% de ce que j’avais en tête. Ce qui est un assez bon score apparemment 🙂 Le budget limité nous a vite calmés sur certaines exigences, mais c’est aussi dans ces moments qu’on est les plus créatifs. Donc ça a été pas mal de débrouille, pour un résultat qui correspond en tout cas au scénario de base.
Aucune concession n’a été faite à ce niveau : j’ai bien raconté l’histoire que je voulais.

Si tu veux présenter tes collaborateurs sur ce film, carte blanche

Ah ça va être difficile de parler de certains et pas des autres !
Pour faire court, en ce qui concerne les chefs de poste : Emmanuel Lakkari (chef Opérateur), Nicolas Romand (Chef Décorateur), Jérôme Harré (ingénieur du son), Cédric Zakrzewski (Chef Electro), Antoine Hivet (Monteur), Damien Hurgon (Superviseur VFX), Guillaume Poyet (Compositeur), Vincent Villa (Sound design) : en plus d’avoir accompli un super boulot, tout le monde a bien su gérer son équipe, ce qui était essentiel pour un projet de cette envergure. Il y avait une grosse motivation de chacun pour arriver au meilleur résultat possible, ça s’est ressenti dès la préparation du tournage jusqu’à la postproduction.
Le réalisateur Stéphane Réthoré avec l'objet de bien des convoitises... © Photos Camille Corbetto

Le réalisateur Stéphane Réthoré avec l’objet de bien des convoitises…
© Photos Camille Corbetto

Le film a connu une carrière en festivals (il aura sans doute eu plus de chances d’être sélectionné aux US et en Europe que chez nous…), est désormais visible sur la toile et disponible dans un joli Blu-Ray, mais quelle est la suite ? Un autre film différent ? Développer l’univers de 300 000  km/s en long-métrage ? Si oui es-tu en contact avec des productions, le film ne risque-t-il pas de se trouver de nouveau en circuit alternatif (et subir le syndrome « Le Jour de la Comète ») ? Un ou deux autres opus en format court pourraient-être une solution, surtout vu le succès de la campagne Ulule et l’engouement sur le net…

Effectivement les retours positifs des festivals ont globalement été beaucoup plus présents à l’étranger qu’en France (et surtout aux US). Ce qui était prévu : on savait qu’avec un film de ce genre, on n’aurait quelques réticences en France.
Mais le public d’ici veut toujours voir du film de genre français, il y a une vraie communauté, et effectivement le succès instantané de notre campagne de crowdfunding prouve que ce public est de plus en plus présent.
Je suis en tout cas ravi que le film franchisse les frontières, car c’était le but : raconter une histoire qui parle à tout le monde.
En ce qui concerne la suite : 300 000 Kilomètres / Seconde est à la fois un court-métrage et le pilote d’un long.
Le projet a été prévu comme ça quasiment depuis le début.
J’avais au départ prévu de tourner 3 court-métrages pour les combiner et ainsi constituer un long, mais je me suis vite rendu compte que sans un budget minimum, ça n’aurait pas été faisable correctement. Je suis donc revenu à l’idée de réaliser un court / pilote de long, et de proposer le long métrage à des productions, avec quelques têtes d’affiches.
On vient  justement de terminer l’écriture de la première version du traitement du long métrage.
Le but va maintenant être de trouver une production pour le long, en montrant le court métrage + le synopsis du long.
Et si quelqu’un est intéressé, lui faire lire le traitement du long et pouvoir enchainer sur l’écriture du scénario.
Le court servira donc de « démo » pour montrer précisément l’univers du long métrage, pour montrer que l’on sait où on va.
 –
Le film a été sélectionné dans plus de 30 festivals internationaux et a remporté 5 prix  (dont BEST SHORT FILM à deux reprises, BEST ACTOR, BEST CINEMATOGRAPHY)

Carte blanche pour dire ce que tu souhaites.

Encore une fois encore un très grand merci à tous ceux qui ont pu faire en sorte que le film se fasse, maintenant ça va être à nous de jouer pour faire exister le long métrage. Car pour ceux qui ont aimé le court… vous n’avez encore rien vu ! 😉
La dream team © Photos Camille Corbetto

La dream team
© Photos Camille Corbetto

Le site officiel de 300 000 Kilomètres / Secondes

La page Facebook

Pour retrouver d’autres articles un peu partout sur la toile

La page Ulule de l’époque

Site de Duck Factory

Pour découvrir le reste de la galerie photo de Camille Corbetto

Pour commander le combo Blu-Ray/Dvd

© Photos Camille Corbetto

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© Photos Camille Corbetto

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