Paris Courts Devant – Jour 5

4 Déc

Le Festival Paris Courts Devant s’est achevé dimanche soir. Mais de mon côté, il est temps de revenir sur mon programme de vendredi dernier. Il n’est question que de films, avec les Courts d’Écoles et Fiction et Compagnie 1 (faisant écho à la projection du mardi).

I Don’t Like to be Lonely

I dont like to be lonely

Camille vient donner des cours d’anglais à Michaël en prison, une fois par semaine. Michaël ne comprend pas pourquoi elle vient.

Scénario et réalisation Joseph Minster. Avec Edith Proust, Fabian Wolfrom, Cyril Necker.
La Fémis.

C’est La Fémis qui ouvre le bal et, s’il est vrai qu’on (je) aime bien les critiquer, je dois dire que c’était plutôt pas mal. L’histoire est plutôt « gentille » et convenue. Les acteurs sont bons et le contexte du cours en prison une bonne idée. En dépit d’une fin en queue de poisson et d’un développement léger, j’ai passé un moment pas trop désagréable devant ce film, certes inoffensif, mais va-t-on le lui reprocher ?

Pas grand chose à dire autour de « I don’t like… » réalisé dans le cadre des études de son auteur à La Fémis, notre prestigieuse école de cinéma censée former l’élite. Mais si les travaux sortis de la fameuse école étaient souvent pénibles, entre Clermont-Ferrand et Paris Courts-Devant, j’avoue avoir été plutôt séduit par quelques-uns de leurs films. Rien de révolutionnaire, mais des petits récits agréables loin de la lourdeur habituelle.
Il s’agit du quatrième film réalisé par Joseph Minster à La Fémis.

Le film visible intégralement sur Arte TV

Lievito Madre

Lievito Madre

Une foule. Un triangle amoureux classique. Mais que se passe-t-il si le troisième n’est pas humain ? Ou plutôt, s’il est composé d’eau, de farine et de miel ?

Réalisé par Fulvio Risuleo, écrit par Annalisa Elba, Angelo Rago et Fulvio Risuleo. Avec Virginia Quaranta, Emiliano Campagnola.
Centro Sperimentale Di Cinematografia.

Mon dieu… que vous dire. Une plastique assez agréable, l’arrivée d’un élément fantastique plutôt intrigant. Jusqu’à ce qu’on découvre que ledit élément est le troisième membre du triangle amoureux du synopsis… À savoir une boule de levain panaire… Et là, malgré tous mes efforts d’ouverture d’esprit… non. Filmer un comédien en train de faire l’amour avec de la pâte à pain n’est absolument pas une bonne idée. Aussi ridicule que dérangeant et inutile. Le tout sous le regard de la madame, bien sûr, qui fomente déjà sa vengeance et ira faire crâmer le pain au four. Une métaphore bien bancale pour un dernier acte grotesque. Dommage, le début était prometteur.

Mes limites en italien ayant eu raison de mes motivations et ayant encore du pain sur la planche, je n’ai rien trouvé autour du film. Le Centro Sperimentale Di Cinematografia est une grande école de cinéma située à Rome. Le réalisateur a 23 ans et vous pouvez consulter son imdb ici, ça ne mange pas de pain.
Si Fulvio Risuleo comptait sur cette recette pour se faire du blé, il est bien dans le pétrin.

Pour l’anecdote, il y a eu un problème avec la copie pendant la projection. Le film était saccadé et défilait à 3 images par seconde. Le public et moi, sensibles au court-métrage que nous étions, avons mis un moment avant de réaliser que quelque chose clochait avant l’annulation de la diffusion de cette fable panaire. L’équipe du festival (Julien Barbier) n’aura mis que quelques heures pour nous faire parvenir un lien privé du film sur youtube. Bravo pour la réactivité.

Bande-annonce :

La Chute des Feuilles

La chute des feuilles

Éric, artiste-graveur, est seul dans son atelier. Alors qu’il élabore une dernière gravure, il en oublie la source d’inspiration. Seul l’achèvement de sa création lui ramènera sa mémoire.

Scénario et réalisation Léonard Barbier-Hourdin. Avec Bernard Graczyck, Michel Vaniglia.
Le Fresnoy.

Petit film classique et un peu longuet. Pourtant plein de bonnes idées dont l’approche visuelle de, ce que j’ai perçu comme la cécité, le tout bercé dans l’univers de la gravure. Si l’auteur s’était tenu à ce point de vue et avait donné plus d’enjeux à son récit, on tenait là quelque chose de fort ; dommage car, en l’état, je suis sorti du film à plusieurs reprises.

Léonard Barbier-Hourdin signe ici sa première réalisation. Le monde étant petit, il a été compositeur sur plusieurs films de Lewis Eizykman… qui est le réalisateur de « La Momie » dont je parlais au PIFFF.
Sur le site de l’exposition Panorama 15, organisée par Le Fresnoy, on trouve ce qu’on peut rapprocher d’une note d’intention du réalisateur :

J’ai conçu cette année une fiction qui relate l’histoire d’un personnage atteint d’une maladie dégénérative. Cet homme est artiste, créateur de formes, graveur. Le film suit deux mouvements, celui du processus appliqué à la gravure d’une plaque de cuivre, et paradoxalement la dégénérescence du créateur. Je voulais saisir cet instant pendant lequel ces deux mouvements contradictoires se mêlent l’un à l’autre. Création artistique et disparition d’une vie sont ici montrées dans un même élan. Le montage du film a été fait de façon à montrer l’obsession d’un ailleurs qui s’effrite. Il est dans ce projet devenu un outil permettant de prendre une tangente narrative. Nous voyons travailler cet homme et en même temps nous entrons dans sa vision subjective, ce qui nous permet de nous immiscer dans un imaginaire qui peut être le fruit de sa maladie dégénérative. Les premières images de la fiction ont été filmées à la manière d’un huis clos, au sein de l’atelier du personnage. Chacun de ses déplacements nous dévoile un peu plus ce refuge. Étonnamment, il n’y a jamais eu de véritable film sur la gravure. Il y a toutefois dans cet art tout un protocole de gestes à faire, qui sont en l’occurrence déréglés par la maladie du personnage.

Interview du réalisateur (pour l’expo Panorama 15) :

Teaser 1 :

Teaser 2 :

Pin Ups

Pin ups

Un après-midi, deux adolescents se retrouvent dans une chambre pour écouter des vinyles. Les corps nus s’étreignent alors que brûle la pellicule d’un film super 8, au son d’un morceau punk-rock…

Scénario et réalisation Romain de Saint-Blanquat. Avec Gabriel Garnier, Laure Lochet.
Université Paris 8.

Film pas déplaisant, « Pin Ups » présente la classique histoire de la première fois entre deux petits jeunots. Certaines situations prêtent à rire ou sourire, servies par des dialogues et un jeu des comédiens en décalage. Par contre, je ne sais pas vraiment si c’était voulu par l’auteur.
Mais si quelque chose m’a essentiellement gêné – c’est une tare commune à la plupart des films – c’est que les dialogues disent tout, dans le sens où les personnages doivent systématiquement nous faire un rappel de leur état et leur reflexion par la conversation (à l’opposé de ce qu’on peut trouver dans « Garçonne » par exemple). Avant d’être un récit, le film m’a surtout semblé être une déclaration d’amour de son auteur aux années 70. Une période qui ne me déplait pas, mais à laquelle je ne suis pas forcément sensible. Du coup « Pin Ups » souffre aussi de sa trop grande mise en avant des seventies (film super 8, vinyles, musique, vêtements,…). En revanche, partant du principe qu’on accroche à cette époque, excellent choix de casting pour l’actrice Laure Lochet qui colle complètement.

Honnêtement, pour un film de fac, il n’y a pas à avoir honte, loin de là. Pas d’informations particulières autour du film. Par contre, si je n’ai pas trouvé grand chose de « Pin Up » dans le personnage de la fille, le « s » dans le titre me fait penser qu’il doit s’agir d’une référence à l’album de reprises « Pin Ups » de David Bowie sorti en 73. Ma main à couper qu’il s’agit des chansons utilisée par Romain de Saint-Blanquat puisque la pose en couverture de l’album (voir ici) renvoie au plan final du film.

Un petit montage réalisé pour la démo de la comédienne :

Stiller Löwe (Un lion muet)

Stiller Lowe

Severin, au cœur de l’action dans une boîte de nuit : tentative de drague d’une superbe blonde. Sourd de naissance, se faire comprendre avec son langage des signes va devenir un problème de vie ou de mort.

Réalisé par Sven Philipp Pohl, scénario de Julia Neuhaus. Avec Eyk Kauly, Sonja Gerhardt.
Hamburg Media School.

Une bonne pioche. Un film à la durée très réduite, en temps réel et où le dialogue passe au second plan. Ce qui s’explique par le choix du point de vue adopté, celui d’un sourd de naissance, donc. Du coup toutes les voix sont très étouffées, ce qui ne nous empêche pas de comprendre les enjeux de ce récit plein de courage.

Ce court allemand aussi connu sous le nom de « Touch of Silence » est l’oeuvre d’un Berlinois qui a fait pas mal d’études dans les arts media, tout en enchaînant les stages et les postes de monteur ou perchiste. Il a déjà réalisé d’autres courts-métrages, plus amateurs, ainsi qu’un long-métrage indépendant et sans argent qui, du peut que j’en ai vu, n’a pas l’air bien folichon pour être franc.

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Protocolo

Protocolo

Dans le futur, les machines à cloner « Multiplieurs » ont été interdites et abandonnées, encore en fonctionnement. Elles continuent à créer des clones, en un cycle sans fin perpétué grâce à leur protocole de sécurité.

Scénario et réalisation Rodrigo Hernández Cruz. Avec Emilio Savini.
Centro De Capacitación Cinematográfica.

Film qui fait la part belle aux décors, maquillages, effets de plateau et trucages numériques. Malheureusement il n’y a pas grand chose à dire de plus. L’univers futuriste ne sert que de prétexte à faire une démo technique sur un récit façon jeu vidéo Die and RetryC’est terrible, mais des courts-métrages comme celui-ci, j’en ai vu un paquet. Par contre l’européen peu ouvert d’esprit que je suis aurait envie d’écrire « pas mal pour un film Mexicain ! », surtout qu’il s’agit d’un film d’école (« ah bon ils ont l’école ? »).

Malgré le peu d’informations autour du film et de son réalisateur (j’ai eu 3 au Bac d’Espagnol), j’ai déniché un article sur TwitchFilm datant de mai dernier. Et, à ma grande surprise, il semblerait qu’une version longue de « Protocolo » ait été signée auprès des producteurs du film de cannibales « We are what we are ». Le film s’appelerait désormais « Multiplier », du nom des machines à cloner de « Protocolo ». Je ne suis absolument pas convaincu par le potentiel feature film de ce court, surtout que le web regorge d’exemples d’histoire de ce type qui n’ont jamais abouties. Wait and see comme qui dirait.

Teaser du film :

En voir un peu plus dans la bande-démo du réalisateur :

Zinneke

Zinneke

Thomas, 9 ans, passe son temps sur le marché aux puces à observer les adultes. Embarqué dans une aventure qui le dépasse, il entre dans une réalité bien éloignée de celle de l’enfance…

Scénario et réalisation Rémi Allier. Avec Nissim Renard, Sam Louwyck, Wim Willaert.
IAD, MediaDiffusion.

Le film le plus « naturaliste » de la compétition écoles. Étonnamment c’est aussi un des plus réussis. Grâce à une histoire efficace et un récit bien centré et construit, sur de beaux personnages. J’ai vraiment apprécié en dépit de son aspect « sociétal » appuyé.

Petite pause culture, Zinneke désigne la Petite Senne (Sennette) qui contournait Bruxelles pour éviter les inondations. Zinneke désigne aussi les chiots bâtards qui finissaient dans cette rivière (et les chats mais c’est une plus longue histoire). Enfin, il s’agit aussi du surnom donné aux habitants du centre de la capitale de Belgique, les Marolles. Et c’est là que se déroule le film.
L’auteur-réalisateur du film, Rémi Allier, vient de chez nous puisqu’il est né à Mâcon (bourguignon, donc). Il a fait des études de montage à Paris avant d’intégrer l’IAD de Louvain-La-Neuve dans le Plat Pays. En dehors de « Zinneke » il a co-réalisé un autre court-métrage, « Jan », avec Pablo Munoz Gomez. En parallèle de l’écriture de son futur long, il prépare un nouveau format court.

Site de Rémi Allier

Extrait du film :

Place maintenant à la compétition française Fiction et Compagnie 1 :

Solo Rex

Solo Rex

Erik est un bucheron solitaire ; Kevin, un jeune conducteur de la fanfare cycliste du village. Erik ne sort jamais sans sa vieille jument. Kevin a le béguin pour la clarinettiste. Ils devront apprendre évoluer à deux.

Scénario et réalisation François Bierry. Avec Wim Willaert, Lucas Moreau et Garance Marillier.
Offshore, Hélicotronc.

Deuxième occasion pour moi de découvrir le film franco-belge une fois de François Bierry pendant le festival (la première était due à une erreur de programmation). Un film bien étrange plutôt réussi dans sa seconde partie. Un univers singulier et un goût prononcé pour l’absurde et l’humour en décalage, à rebours. Qu’on entre ou non dans cet univers, les personnages attachants et la situation touchante fonctionnent.

Pourquoi « Solo Rex » ? Il s’agit de la marque de la tronçonneuse rutilante qu’emploie Erik (excellent plan pour ouvrir le film d’ailleurs). En latin, c’est aussi « le roi seul ou solitaire ». L’aspect absurde, surréaliste et l’humour en contre-temps est bien entendu voulu par son réalisateur, qui voulait intégrer des personnages et des situations étonnantes qu’il a vécu en sillonant la wallonie pendant une dizaine d’années. En revanche, l’argument western pour la mise en scène et la musique, je trouve ça un peu raccourci facile et mis en avant dans un nombre incalculable de courts-métrages ; ce n’est pas ce qui fait que le film marche dans ce cas présent. Vous pouvez retrouver l’interview du réalisateur par ici.
Comme Rémi Allier pour « Zinneke », François Bierry sort d’un master réalisation à l’IAD. Il a surtout collaboré pour CanalC, une chaîne de télévision belge. « Solo Rex » est son premier court-métrage.
Si le sympathique Lucas Moreau ne me disait rien, la comédienne qui incarne Jessica est loin d’être inconnue. Si vous suivez un peu les courts-métrages issus du circuit « traditionnel », vous avez sans doute aperçu Garance Marillier dans « Ceci n’est pas un film de Cow-Boy » et « Junior ».

Page Facebook du film

Le scénario de « Solo Rex » (avec note d’intention) sur la Scénariothèque du CNC

Interview du réalisateur dans Court-Circuit

Le film en VOD chez Arte TV

Article sur le tournage chez Lavenir.net

Bande-annonce :

L’Homme qui avait perdu la tête

L'homme qui avait perdu la tete

Alain a perdu la tête… c’est quoi le nom de la maladie déjà ?
L’homme qui avait perdu la tête est un film d’animation documentaire reconstituant l’histoire vraie d’Alain de Filippis.

Scénario et réalisation Fred Joyeux. Avec François Morel, Anne Alvaro, Vimala Pon.
Krazy Bird.

Film au rendu un peu étrange, qui n’a d’expérimental que la forme. C’est une histoire toute simple sur un homme face à la nouvelle de sa maladie. Je n’ai pas grand chose à ajouter, c’est plutôt bien joué malgré l’esthétique un peu déstabilisante, qui crée trop de distance à mon goût. La fin est par contre sans surprise, ce qui réduit l’impact du sujet, à cause du choix du réalisateur de coller à la réalité des faits ; le parti pris est au moins clair et appuyé.

Le processus de création de « Lhomme qui… » a été plutôt long (voir douloureux). Le film était un projet de collaboration entre Fred Joyeux et Alain de Filippis, où ce dernier jouait son propre rôle. La maladie ayant raison de lui avant le bouclage de ce film censé l’accompagner, le projet s’est retrouvé dans les tiroirs du réalisateur Fred Joyeux pendant une grosse année (qui, il me semble, avait déjà un pré-achat d’Arte). Finalement, ce film verra le jour avec de tous nouveaux comédiens, passant du documentaire à la fiction en gardant une patte animation propre au réalisateur. Avec le procédé de la rotoscopie, Fred Joyeux entend « mettre de la distance avec un sujet grave » et « explorer le ressenti intérieur du personnage ». Le film, de l’aveu du réalisateur, offrirait aussi une autre lecture : « un triangle amoureux ». Le véritable argument étant pour lui « l’élan de jalousie pour la femme d’Alain, qui est diminué à cause de la maladie, envers la jeune infirmière à qui il se confie ; c’est fort et touchant ».
Le film a été fait à Dakar (au moins la post-prod, ne me demandez pas pourquoi).
Le réalisateur sexagénaire vit à Nantes. Cet ancien graphiste fait de l’animation dont ses dernières œuvres sont soutenues par Arte.

Une longue interview de Fred Joyeux dans l’émission des étudiants CAV du festival de Clermont 

Site officiel du réalisateur (ses films y sont visibles)

Petite Blonde

Petite Blonde

Marseille, l’été, une bande de jeunes issue des quartiers populaires passe ses après-midi sur une plateforme de béton, près de la corniche

Scénario et réalisation Emilie Aussel. Avec Noé Bengorine-Chaumeil, Angélique Pagnon, Hamza Baggour, Faris Tighilt, Noémie Casari…
Shellac Sud.

Pas de bol, c’est typiquement le genre de film sur lequel j’aime bien taper. Il n’y a pas vraiment de point de vue ou de parti pris cinématographique. « Petite Blonde », c’est surtout un film qui montre. Une scène banale sur la Corniche Marseillaise, ou des d’jeuns parlent (mal), pour ne rien dire de préférence. Mais ils ont l’air sympa (c’est vrai), alors Angélique va tenter de sympathiser en parlant (un peu moins) avec eux. Saupoudrez le tout du petit jeu de « vas-y tsé qui qu’tu veux pécho ? », jusqu’à un plan très lourd de sens (littéralement « se jeter à l’eau ») pour insister sur l’idylle naissante et archie attendue. Mais pour en rajouter une couche, le fameux plan a été utilisé de façon lourdingue cinq minutes plus tôt. Mais ce film est là pour dénoncer la discrimination comme le dit franchement un des personnages « vas y déjà qu’on le subit tout le temps le racisme tu vas pas faire pareil avec elle » ; au moins, peu de place au doute.
Vous l’aurez compris, j’ai été insensible à cette histoire aussi clichée que peu passionnante : les amants maudits de la corniche ; elle, qui représente la bourgeoisie qui vit en haut (de la Corniche) et lui, le petit kéké sympathique représentant le bas peuple, qui vit en bas (de la Corniche).

Pour remettre dans le contexte, le film de Emilie Aussel, est issu d’un appel à projet conjointement lancé par le G.R.E.C. et Shellac Sud dans le cadre de Marseille-Provence 2013 (capitale européenne de la culture) ; il y a eu sept films produits au total.
Emilie Aussel est une enfant du Sud, diplômée des Beaux-Arts de Montpellier et de la Villa Arson à Nice. Ça, c’était avant d’aller faire une formation au Fresnoy à Tourcoing. Elle a réalisé tout un tas de films vidéos (dont des créations théâtrales) et de courts-métrages plus professionnels.

Le site de la réalisatrice

Le court extrait qui en dit long :

Chat

Chat

Emma vient de découvrir ce que le mot « sentiment » veut dire. Elle doit apprendre à le représenter avec d’autres handicapés mentaux comme elle, et l’aide d’Elizabeth, l’éducatrice…

Scénario et réalisation Phillippe Lasry. Avec Corinne Masiero, Cécile Tissier, Clara Beyendrian, Thomas Caspar.
Easy Tiger.

Plutôt pas mal, la bonne idée du « Chat », c’est d’exprimer la découverte des sentiments par le jeu et des personnes handicapées. Le film n’est ni pathos, ni dans un mouvement anti-descriminatoire pour tirer sur une corde sensible. Ici, il n’y a que des personnages. Le scénario est un pur reflet de la comédie et, de façon cynique de mon point de vue, un reflet du cinéma français actuel : puiser et transposer dans son vécu pour faire revivre une histoire réelle et véhiculer des émotions…

Si je suis plutôt familier avec les films produits par Easy Tiger, souvent de qualité, c’est la première fois que je vois un court de Philippe Lasry ; qui n’est pourtant pas n’importe qui. Après avoir passé de nombreuses années sur les planches, le monsieur s’est consacré à l’écriture (premier scénario de long : « La Confusion des genres ») ainsi qu’à la réalisation de plusieurs courts-métrages. Il est actuellement co-directeur du département scénario de La Fémis. Avec ce parcours, il n’y a finalement rien d’étonnant avec l’approche et le choix de son sujet.

Mur

Mur

Un soir d’hiver, une femme se rend à son travail. Environnement hostile, labeur éreintant. Une fenêtre ne ferme plus : il neige à l’intérieur… le lieu de corvée devient espace de découverte.

Scénario et réalisation Andra Tévy. Avec Evelyne Didi, John Arnold, Veronique Levy, Jean-Luc Bourgeoisat.
Les Films du Cygne.

Film qui m’a laissé perplexe, petite fable esthétique et fantastique plutôt agréable à l’œil. Mais « Mur », m’a semblé maquiller un manque d’écriture derrière une idée, un concept fort. Alors oui, en cherchant on peut y trouver un sens au-delà du film. C’est bien là le problème : en cherchant.

Née à Bucarest, Andra Tévy est arrivée en France à 18 ans, avant d’entrer à l’ESRA de Nice puis de rejoindre la Fémis section image. En parallèle à son activité d’assistante opérateur, elle suit des ateliers de théâtre, de danse et d’écriture de scénario. Elle a rejoint le collectif de scénaristes COSI. « Mur » est son premier film.

Site du COSI

Bande-annonce :

Un petit reportage sur le tournage par l’Union :

Sous nos empreintes

Sous nos empreintes

« Si on n’était pas nées, elle aurait été libre, elle n’aurait pas été obligée de se barrer. – Et on n’aurait pas été là. Tu préfèrerais ça ? »

Scénario et réalisation Eduardo Sosa Soria. Avec Maryline Fontaine, Florence Hebbelynck.
Vagabundo Films.

Si, par son approche extrêmement terre à terre, le film d’Eduardo Sosa Soria fait parti d’un pan de cinéma qui me laisse souvent de marbre, il y a une certaine force qui se dégage de sa façon de filmer ses comédien(ne)s et de les mettre en scène dans le décor : souvent en plan fixe et rapproché avec des focales courtes. Dommage que ce talent, qui met en avant celui irréprochable des comédiens, soit au service d’un récit peu passionnant et inachevé sur fond de maternité et de crise existentielle.

C’est en faisant mes recherches habituelles que je découvre avoir déjà vu un précédent film du réalisateur, « Je montrerai mes seins ». Comme quoi, son précédent film était tout l’inverse. Une approche cinématographique faible pour un scénario un peu plus construit, malgré l’approche naturaliste et plan-plan (du moins, dans mes souvenirs). Les deux films sont produits avec sa propre société, Vagabundo Films.
Dans l’interview que vous trouverez ci-dessous, le réalisateur confirme son approche pour filmer les comédiens, mais avoue à demi-mot avoir fait un film plus « intuitif » que scénarisé ; dommage.
Eduardo Sosa Sora a étudié le cinéma anthropologique et documentaire à Paris, avant de co-fonder avec Jimmy Grassiant Vagabundo Films. En dehors de ses deux réalisations et de son activité de producteur, il enseigne l’analyse de film à Paris III.

Interview du réalisateur dans Court Circuit

Visionner le film dans son intégralité

Il y avait d’autres belles choses à voir dans cette journée, mais mes capacités physiques et intellectuelles se limitaient à visionner 13 films.
Prochain billet : MasterClass de Tom Hooper et neufs films de Grande-Bretagne.

Compte rendu du Jour 2

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