Paris Courts Devant – Jour 6

9 Déc

Il est maintenant temps de partager avec vous ma dernière journée au festival Paris Courts Devant. Une journée dédiée au Royaume-Uni, avec une MasterClass donnée par Tom Hooper (« Le Discours d’un Roi ») et une sélection de neufs films d’outre-manche.

Pour la MasterClass, je vais essayer de revenir dessus du mieux possible, mais n’ayant pas pris des notes et ma mémoire commençant à accuser le poids des années, il se peut que je fasse quelques omissions ou légères déformations. Je n’ai malheureusement pas les noms de la personne en charge d’animer le débat (une réalisatrice il me semble) ni de la traductrice, qui a fait du très bon travail et comme le soulignait Hooper « quelle mémoire ! ».
À mon sens, cette MasterClass manquait peut-être de pertinence sur les questions, compte tenu du contexte et du public ciblé. Par exemple pourquoi ne pas s’attarder davantage sur son parcours court-métrage ? Ou, si cette tranche de vie était trop superflue, pourquoi ne pas poser davantage de questions relatives au métier et plus spéficique sur son travail  et son approche sur ses films ?
Malgré tout, ses réponses étaient intéressantes et parfois pleine d’enseignement.

Préparation du fameux discours dans "Le Discours d'un Roi"

Préparation du fameux discours dans « Le Discours d’un Roi »

Avant de commencer à poser les questions, la « modératrice » a fait une très belle remarque : les films de Tom Hooper (en tout cas « Le Discours d’un Roi ») sont entiers et dénués de cynisme. C’est quelque chose qui manque fortement chez nous, le cynisme étant devenu le fond de commerce de nos auteurs (j’y reviendrai une prochaine fois).
Dans les grandes lignes, monsieur Hooper a eu un parcours classique et propre à la hiérarchie de réalisateur, comme on le retrouve souvent en Angleterre ou aux USA : quelques courts-métrages avant de se faire remarquer pour faire des publicités et de la télévision, avant de réaliser ses longs-métrages. Mais comment en est-il arrivé à faire du cinéma ? « Je voulais être comédien. Mais j’étais loin d’être doué. Même pour des petits rôles dans les pièces d’école. Vraiment, j’étais très mauvais. Donc pourquoi perdre du temps pour quelque chose qui n’était pas fait pour moi ? Alors je me suis tourné vers la réalisation ». Pour l’anecdote Hooper est revenu sur l’évènement qui l’a incité à se lancer : « Mes parents m’avaient offert une encyclopédie de réalisateurs. Je parcours le livre et là, je tombe sur Steven Spielberg. J’apprends qu’il avait commencé à faire du cinéma à l’âge de 11 ans… C’est injuste ! J’en avais 13, pourquoi aurait-il pu commencer si tôt et moi non ? Alors je suis rentré en compétition avec Spielberg… Bien sûr, j’ai réalisé plus tard que c’était stupide de rentrer en compétition avec lui… ».
Si entre-temps, il a réalisé des courts-métrages amateurs avec ce qui lui tombait sous la main, c’est après avoir réalisé un court-métrage plus professionnel qui sera remarqué que sa carrière va décoler. Un passage non sans heurt pour son égo :  « Je répétais à mes parents : Je suis un auteur ! Jamais je ne vais réaliser des publicités sans créativité, même pour 20 000 livres (25 000 € – ndr) ! « . La voix de la raison aura été celle de son père, à plusieurs reprises d’ailleurs : « Fils, c’est 20 000 livres, tu te tais et tu les prends ». Même combat au moment de travailler sur de la fiction télévisuelle. Un moindre mal puisqu’il ne regrette pas du tout ce parcours, qui lui a appris, l’humilité d’une part, ainsi qu’à travailler de façon rapide et efficace.
Un peu plus loin tombe une question sur son expérience avec Helen Mirren qu’il a dirigée plusieurs fois pour de la télévision (dans « Elizabeth I » et « Prime Suspect »). Il a mis en avant une anecdote amusante et pleine de sagesse. « C’était sur Prime Suspect. J’avais fait installer un travelling pour faire un très joli plan que j’avais vu et répété plein de fois dans ma tête, car c’est comme ça que je fonctionne. Je visualise tout le film dans ma tête, à l’avance. Helen arrive sur le plateau et je lui dis : « donc là, tu marches tout droit pendant que le caméra te suit de côté ». Elle me regarde et pose une simple question : « pourquoi mon personnage marche ? ». Je lui répète « parce qu’il s’agit d’un travelling latéral et que la caméra va te suivre ». « Oui, mais pourquoi mon personnage marche ? ». Et ça a continué jusqu’à ce que je comprenne ce qu’elle sous-entendait. C’était une belle leçon ».

Geoffrey Rush, Tom Hooper et Colin Firth sur "Le Discours d'un Roi"

Geoffrey Rush, Tom Hooper et Colin Firth sur « Le Discours d’un Roi »

Pour en revenir au « Discours d’un roi », il pointe la difficulté de trouver de bons scénarios, la perle rare. À l’heure où les seuls enjeux semblent être de copier des recettes qui marchent (ou pas pour la plupart des cas) en mettant en avant des comédiens payés une fortune, la genèse de ce « petit film » (qui a rapporté 27 fois sa mise rien qu’en salles avant de rafler 4 oscars) relève du « heureux hasard ». Plus précisemment c’est à sa mère, l’auteur de livres pour enfants Meredith Hooper, qu’il doit cette trouvaille :
« En tant qu’australienne vivant à Londres, ma mère était invitée avec une trentaine d’australiens londoniens à assister à une lecture. « The King’s Speech » était alors une pièce de théâtre qui n’avait toujours pas trouvé de producteur, donc la décision fût prise de faire cette lecture dans un théâtre. Après quelques minutes, elle s’est dit « Mon dieu, ce n’est pas une pièce, c’est un film, extraordinaire en plus. C’est un film pour mon fils, Tom ». Alors elle a demandé à l’auteur, David Seidler, si elle pouvait me l’envoyer. Il a accepté et j’ai reçu le scénario par la poste, car à l’époque je travaillais à Los Angeles. Elle m’a appelé en me disant « Tom, j’ai trouvé ton prochain film ». Je lui ai simplement répondu oui, avant de continuer à travailler. Elle a du me rappeler à plusieurs reprises pour que je n’ai plus d’autre choix que de lire le script. Et alors je lui ai retourné son appel « Tu as raison, c’est sensationnel. Il s’agit de mon prochain film. » Et je suis allé rencontré David Seidler. »
Concernant l’impact d’avoir gagné un Oscar sur le reste de sa carrière, il reste terre-à-terre : « 
Les jours précédent la cérémonie, on m’a fait savoir que l’Oscar serait une clé en or qui m’ouvrirait les portes d’un monde privilégié, avec la crème de la crème des scénarios. Donc j’ai eu un Oscar et la réalité, c’est que rien n’a changé. Il n’y a pas de clé en or et il est toujours aussi dur de trouver LE scénario, LA bonne histoire ».
Concernant le film en lui même, il a rapidement évoqué le fait « qu’avec les comédiens (Colin Firth et Geoffrey Rush – ndr), nous nous sommes enfermés pendants trois semaines pour retravailler les scènes. Ils avaient une connaissance aigüe des personnages et des dialogues ce qui leur permettait de retravailler certaines répliques et situations ; mêmes si certains passages collent en tout point à la réalité comme le discours à la fin du film ».
S’il n’est pas bègue, Tom Hooper a mis du temps avant d’identifier ce qui le touchait individuellement dans ce récit, qui le rendait si personnel à ses yeux et la réponse est là où on ne l’attend pas. Puisqu’il n’est pas issu de la royauté, Tom Hooper a en revanche des origines et une éducation « à l’australienne », du côté de sa mère Meredith. Le décalage et la dynamique australien/anglais, qu’on retrouve dans la relation de Bertie (Colin Firth) et Lionel (Geoffrey Rush) renvoit à ce qu’il a connu. Qu’il s’agisse de la relation de ses parents où la vision particulière de sa mère sur le monde britannique. Au niveau des origines du film, ou du traitement des personnages, le film doit beaucoup à la famille et au vécu de Tom Hooper.
Pour parler du choix de casting concernant Colin Firth, il faut rappeler que le comédien était en pleine phase films pour midinettes après « Love Actually », « Bridget Jones » ou « Mamma Mia ». C’est la directrice de casting de Tom Hooper (n’oubliez jamais l’importance et le flair de ces personnes, on ne le dira jamais assez), qui est à l’origine de ce choix  : « Elle vient me voir me recommandant un film dans lequel a joué Colin. Il s’agit d’un téléfilm peu connu datant de 1988, « Tumbledown ». Colin Firth y jouait un officier complètement paralysé du côté gauche après avoir reçu une balle de sniper à la tête. Le talent dont faisait preuve Colin, pour jouer ce personnage atteint d’un tel handicap, prisonnier dans son corps, c’était bluffant et tout à fait ce que nous recherchions pour le rôle. Il ne faut jamais s’arrêter à où en sont les comédiens et ne pas hésitez à puiser dans ce qu’ils ont déjà fait pour savoir de quoi ils peuvent être capables ». Très bonne pioche puisque Colin Firth remportera l’Oscar du meilleur acteur et un Golden Globe.

Tom Hooper sur le tournage des Misérables

Tom Hooper sur le tournage des Misérables

La dernière question relative à ce film, qui est applicable à ses derniers films d’ailleurs, c’est sa mise en scène et sa manière de filmer très spécifique. À coup de grands angles parfois déformants et de plans très rapprochés des comédiens. « Le film est centré sur la parole, ainsi que sur la place des personnage par rapport au monde qui les entoure, leur environnement. Je voulais pouvoir avoir les comédiens au premier plan tout en gardant une mise en situation de leur place dans le décor ».
La dernière question de la MasterClass sera dédiée à l’adaptation de Victor Hugo de la comédie musicale « Les Misérables », concernant le parti pris de garder les prestations live des comédiens :
« Les comédiens chantaient sur le plateau mais avaient une oreillette avec l’accompagnement au piano pour les guider, essentiellement pour la justesse. Ce que je voulais retrouver, c’était la même liberté qu’ont les comédiens quand ils jouent des scènes, surtout qu’ici tout est chanté. À savoir une liberté sur le tempo, les émotions, s’ils doivent prendre le temps pleurer ou jouer une situation […] c’est une chose que n’autorise pas le playback, où tout doit être synchronisé au millième de seconde ».

Et voilà qui conclut la MasterClass. Je pourrais compléter avec une biographie plus complète qui revient sur le milieu aisé du bonhomme, les connexions de ses parents mais ce serait diverger et faire preuve de mauvaise foi. Car, quoi qu’on pense des « Misérables », Tom Hooper s’est forgé une carrière légitime et, en me basant sur cette heure et demie, il a fait preuve de pertinence, d’humilité et de sincérité. Avec le flegme britannique si caractéristique.

The king's speech ? (elle était facile)

The king’s speech ? (elle était facile)

Le temps d’avaler un croque et c’était reparti pour se plonger dans de la fiction. Avec une sélection éclectique de neuf courts-métrages issus du Royaume-Uni.

Seagulls

Seagulls

Ryan, un jeune forain, visite une nouvelle ville. Il doit trouver sa place pour s’intégrer.

Scénario et réalisation Martin Smith. Avec Connor Hamilton, Mickey Hoc, Ali McBride.
Screen Production.

Film de facture assez classique et sociétal, suivant une bande de jeunes. Heureusement, « Seagulls » (mouettes) évite quand même les clichés et les dialogues ne sont jamais là pour appuyer les pensées et les émotions de son personnage principal. Ce qui, qu’on adhère ou non au film, est assez réussit.

« Seagulls » met en scène des comédiens amateurs, une volonté du réalisateur touché par « l’authenticité qui vient de qui ils sont ». De ce que j’ai cru comprendre, le film a été commandé au réalisateur et co-financé par Creative Scotland et Scottish Shorts.
Le réalisateur est loin d’être un novice et a déjà réalisé quatre courts-métrages professionnels et gagné de nombreux prix dont un BAFTA.

Site de Martin Smith

Interview audio du réalisateur pour WeAreDN

Bande-annonce :

Notes on Blindness

Notes on blindness

La faculté cognitive est une chose merveilleuse.

Scénario et réalisation Pete Middleton et James Spinney. Avec Rafe Beckley, Celia Henebury, Stanley Warbrick.
Fee Fie Foe Films.

Essai audivisuel, « Notes on Blindness » est une tentative, parfois réussie, de nous retranscrire la perception et l’état d’un homme touché par la cécité. Des choses formelles intéressantes et des moments parfois touchants. Même s’il y avait sans doute une vraie matière pour un récit de fiction plus conventionnel, le film est loin d’être inintéressant.

Le film est basé sur l’histoire vraie de John Hull, un écrivain et théologue qui a commencé à perdre la vue en 1983. Il a tenu un journal audio pour s’aider dans cette épreuve. Ce sont de réels extraits de ce journal qui ponctuent « Notes on Blindness ». Les réalisateurs, Pete Middleton et James Spinney ont réalisé plusieurs courts-métrages ensemble (« Audiobook », « Everyday is Like Sunday », « Wavelenghts »). Ils ont l’air très attaché au sujet de la cécité et ils préparent ensemble leur long-métrage intitulé Star Trek « Into the Darkness ».

Le film dans son intégralité

Page Facebook du film

Bande-annonce :

Joyride

Joyride

Parfois l’enfant doit devenir le parent, même s’il ne comprend pas forcément ce qu’il se passe.

Scénario et réalisation Eva Riley. Adam Flint, Charlotte Randle.
Blue Iris Films.

L’angle du film est de traiter du deuil en faisant le parallèle avec ce qui semble être une rupture amoureuse. La douleur de la comédienne est saisissante et l’explication à la fin n’est pas trop appuyée, laissant le soin au spectateur de combler les blancs. Mais pourquoi nous faire subir une exposition aussi longue et peu utile, nous montrant la mère pleurer toutes les larmes de son corps au volant, sur une chanson « romantique » ?

Eva Riley est auteur/réalisatrice écossaise. Elle étudie à la National Film and Television School de Londres. Elle a réalisé plusieurs courts de commandes subventionnés et est « passionnée par la création de drames audacieux et atmosphériques portés par des personnages ».
La société de production, Blue Iris Films, a déjà produit un court de l’auteur de « Seagulls » (voir plus haut). Pour les intéressés et résidents outre-manche ils font aussi du script-doctoring.

Site de la réalisatrice

Bande-annonce :

I Love You So Hard

I love you so hard

Un libertin compulsif tente de séduire une jeune femme malchanceuse sur laquelle il a jeté son dévolu. Il lui décrit en détail ses fantasmes étranges et terrifiants de ce qu’il est prêt à faire afin de prouver ses sentiments pour elle.

Scénario et voix par Joel Veitch. Réalisation et animation par Ross Butte.
Edinburgh College of Art.

Happy Tree Friends sans les animaux. C’est trash, salace et scabreux, autant hilarant que dérangeant et avec un coup de crayon minimaliste mais réussi. La montée en puissance est juste hallucinante, mais ce court désopillant reste réservé à un public averti.

Le film s’est fait beaucoup remarquer au Labo de Clermont-Ferrand cette année (en même temps, ce n’est pas le genre de film qui passe inaperçu). Si le nom de Joel Veitch ne vous dit rien, vous-êtes sans doute plus familier avec son site fourre-tout qu’il a créé il y a 14 ans : Rathergood. Ross Butter, complice du bonhomme de longue date, a bouclé « I Love You So Hard » pour son diplôme de fin d’études à l’Edinburgh College of Art.
Il aura fallu huit mois et 1000 dessins pour mettre en images animées ces quatre folles minutes.

D’autres « cartoons » de Ross Butter sur Vimeo

Rathergood

Interview du duo dégénéré chez Arte

Le film en entier (attention, certaines images peuvent heurter la sensibilité du jeune public) :

Making-of du film :

Shelter

Shelter

Une jeune femme silencieuse tient le ménage d’un Don Juan.

Scénario et réalisation Jethro Massey. Avec Lizzie Saint Septembre, Paddy Sherlock. 
Mandel Bros Productions, Jethro Massey.

Film un peu lourdingue sur la métaphore du pêché, de croquer la pomme, du serpent, etc… L’ennui c’est que le développement n’est pas bien passionnant et quand la fin arrive, le message tombe comme un cheveux sur la soupe.

Je serais mauvaise langue, je dirais que ce film franco-britannique tient plus de sa partie francophone. Enfin passons. J’ai trouvé peu d’informations sur le film si ce n’est que le réalisateur, Jethro Massey a sa propre structure qui produit des pubs et autres entre Paris et Londres.

Site de Jethro Massey

Mike

Mike

Mike, un ado mal luné, emmène son petit frère Jack chez le coiffeur. 

Scénario et réalisation Petros Silvestros. Avec Lucian Charles Collier, Louise Breckon-Richards, Stephen Guy Daltry.
Irresistible Films.

Difficile de critiquer ce film réussi en tout point. Une approche du deuil bien différente de « Joyride » mais, à mon sens, éminemment plus cinématographique et construite. Le sujet est universel et la structure impeccable, avec une fin qui fonctionne, puisqu’amenée tout le long du film via différents indices.

Ours de Cristal à la 64e Berlinale, « Mike » est le cinquième court-métrage de son réalisateur, Petros Silvestros. Il vient tout juste de terminer son prochain film, toujours avec Irresistible Films. : « Confession ». Ce sera le récit d’un jeune homme qui se confesse auprès d’un prêtre. Petros restera dans le même genre, le drame à suspense, pour questionner la responsabilité de la religion et comment cela fonctionne dans notre monde, pas moins !

Interview du réalisateur

Page Vimeo du réalisateur

Bande-annonce :

Upstairs

Upstairs

Une histoire courte sur ce que nous savons – ou ce que nous voulons savoir – au sujet de nos voisins d’à côté dans les immeubles en ville.

Scénario, réalisation et animation par Matthias Hoegg.
Not to scale London.

Petit film d’animation sympathique, au style cubique agréable, sur la paranoïa du voisinage. Léger, sans véritable conclusion, mais pas déplaisant.

Matthias Hoegg est un réalisateur spécialisé dans l’animation, freelance depuis 2006. Il a réalisé plusieurs courts qui ont fait leur petit effet, dont « Thursday » nommé aux BAFTA. Il travaille aussi pour des cartoons pour enfants, des documentaires animés et de la publicité. Avec son style très marqué, il a quelques travaux qui valent le coup d’œil sur son site internet et son blog.

Site web du réalisateur

« Thursday » nommé aux BAFTA

Le film en entier :

The Phone Call

The phone call

Heather travaille dans un centre d’assistance par téléphone. Quand elle reçoit l’appel d’un homme mystérieux, elle ne se doute pas que cette rencontre changera sa vie à jamais.

Scénario Mat Kirkby et James Lucas, réalisation Mat Kirkby. Avec Sally Hawkins, Jim Broadbent.
RSA Films.

Je pourrais critiquer le rythme et le côté larme facile du film, mais ce serait être mauvaise langue. « The Phone Call », c’est un film avec une vraie envie de cinéma et un sujet fort. Et c’est bien la première fois, en dix ans, que je vois des spectateurs verser leur larme (fondre pour certains) devant un court-métrage. Un film sur la mort, qui parle surtout de la vie, avec un message touchant et finalement plein d’espoir.

« The Phone Call » fait parti de la shortlist pour être nommé aux Oscars. En même temps quand on y regarde de plus près, le film réunit un beau gratin. Le réalisateur, Mat Kirkby, est réalisateur de pubs et clips pour Ridley Scott Associates à Londres. Il réalisé des clips/pubs pour Adele, Muse, Nike ou Playstation. Il ne doit pas trop s’ennuyer. Dans le rôle de Heather vous aurez sans doute reconnu Sally Hawkins (« Blue Jasmine »), à l’écoute de la voix de Jim Broadbent (« Cloud Atlas », entre autres 130 films). Pas des seconds couteaux donc, qui pour l’anecdote seront réunis très prochainement dans « Paddington » (le film de Noël avec un nounours qui se cure les oreilles).
Les deux auteurs (Mat Kirkby et James Lucas), dont des membres de leurs familles respectives travaillent dans des services d’assistance téléphonique, ont du attendre un an avant que Sally Hawkins soit disponible. Le film s’est tourné en trois jours à Londres, avec l’équipe habituelle de Mat. Ils ont tous travaillé bénévolement (ou alors payés en petits pains fait maison par la compagne de Mat). Le réalisateur a tout de même mis 30 000$ de sa propre poche, après avoir vendu sa voiture et dégagé des revenus en tournant une pub pour KFC. Grâce à ses connexions, il a pu avoir une Alexa, une série d’objectifs anamorphiques de Panavision, un étalonnage chez The Mill… le tout gratuitement.

Voir le film intégralement

Interview du réalisateur

Site officiel du film

Page Facebook

Bande-annonce :

Exchange & Mart

Exchange and Mart

Une jeune fille n’a de contact physique que pendant son cours d’auto-défense. Quand on l’attaque dans les bois, elle sait quoi faire.

Scénario Cara Connolly, réalisation Martin Clark et Cara Connolly. Avec Ewen Bremner, Grace Chilton, Tania Van Amse.
Hopscotch Films.

Une bonne surprise. Si les films sur les jeunes filles (ou garçons) en pensionnat, lors de leur découverte de la sexualité sont légions, ce film britannique approche la question sous un angle original voir étrange, parfois drôle et très crédible. Et je me permets de saluer l’excellent choix de casting, nous montrant des filles tout ce qui a de plus normal ; pour une fois.

Il s’agit du premier film du duo qui a jusque là réalisé plusieurs documentaires. Le film se rapproche de ce qu’a connu Cara Connolly dans les années 80 en pensionnat, quand les cours de Self Defense étaient encore obligatoire. Cela a disparu et on comprend pourquoi !
Vous reconnaitrez sans doute Ewen Bremner et son physique si particulier. Il ajoué dans une tripotée de films, (« Black Hawk Down », « Trainspotting » et j’en passe).

Interview des réalisateurs pendant le festival de Sundance

Site du film

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Fin du festival de mon côté. Il restait encore de sans doute belles choses à découvrir avec les films d’animations, les Courts Qui Rendent Heureux ou la finale de Ça Tourne en Ile-de-France. Le prochain billet fera un récapitulatif et reviendra sur le palmarès.

Compte rendu du Jour 2

Compte rendu du Jour 3

Compte rendu du Jour 4

Compte rendu du Jour 5

Présentation du festival

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